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Violence Routière 41 - Bougez autrement à Blois - Bougez autrement dans le val de Loire -

Ce blog associatif, à plusieurs mains, est un espace de débats, d'opinion pour favoriser les "déplacements doux". Il s'agit de "faire savoir à ceux qui savent faire"...avec pour seul objectif "zéro accident" - Ce blog est normalement SANS PUBLICITE, SI C'EST LE CAS C'EST SANS NOTRE ACCORD... (un moteur de recherche est disponible ci dessous à droite sous le mot "contact")

Mesurette n 6: "Abaissement du taux légal d’alcoolémie de 0,5 g/l à 0,2 g/l pour les conducteurs novices (3 ans après le permis, ramenés à 2 ans après le permis s’il a été précédé d’un apprentissage par conduite accompagnée). Les accidents de la route sont la première cause de mortalité des 18-25 ans."

Publié le 8 Février 2015 par cg&c in alcool, cazeneuve

Mesurette n 6: "Abaissement du taux légal d’alcoolémie de 0,5 g/l à 0,2 g/l pour les conducteurs novices (3 ans après le permis, ramenés à 2 ans après le permis s’il a été précédé d’un apprentissage par conduite accompagnée). Les accidents de la route sont la première cause de mortalité des 18-25 ans."

Le commentaire d'un expert : Claude Got

 

 

Commentaires : Cette proposition est intéressante car elle est la preuve du déficit méthodologique dans la préparation des annonces faites le 27 janvier. Cette mesure avait été débattue au sein du comité des experts et les arguments développés avaient fondé un avis défavorable.Ils sont toujours valables. Le fondement d'un raisonnement lors de l'élaboration d'une mesure de sécurité routière repose sur la comparaison entre les enjeux, la faisabilité, l'efficacité envisageable et les coûts. A elle seule cette mesure imposait un argumentaire très complet permettant de justifier un tel choix. Je vais l'amorcer en me limitant au point le plus important : l'enjeu de la mesure. Je développerai d'autres arguments dans les semaines à venir.

 

Les enjeux sont simples à définir : combien d'accidents mortels sont imputables à une conduite sous l'influence d'une alcoolémie comprise entre 0,20 et 0,49 g/l chez des conducteurs dont le permis a été délivré depuis moins de trois ans ? (il est inutile de vouloir traiter spécifiquement le problème de la conduite accompagnée).

 

Une première difficulté est liée à une dégradation de la qualité du BAAC qui a cessé de distinguer les prises de sang effectuées parce que l'usager était incapable de souffler dans l'éthylotest des prises de sang faites parce que l'éthylotest était positif. Actuellement, il n'y a qu'une variable et non deux pour caractériser la recherche d'une conduite sous l'influence de l'alcool, elle distingue les situations suivantes :

0 sans objet (passagers)

1 impossible

2 refusé

3 prise de sang

4 éthylomètre

5 résultat non connu

6 dépistage négatif

 

Nous sommes dans l'incapacité de distinguer la prise de sang faite parce que le test était impossible, de celle faite après un test positif. Les alcoolémies se situant entre 0,20 et 0,49 ne seront donc pas comptabilisées si elles se situent dans le groupe avec éthylotest négatif (faux négatif dans le cadre d'une recherche des faibles alcoolémies et non avec les références légales actuelles). Il convient de pallier cette difficulté en isolant un groupe homogène d'usagers dont les prises de sang sont faites d'emblée et non après un éthylotest, parce que ces usagers ont été tués et que la grande majorité des décès sur la route surviennent dans un délai court après l'accident. L'application à l'année 2012 produit les résultats suivants :

 

1067 conducteurs tués dans un accident avec un seul véhicule impliqué,

il faut retrancher 80 résultats inconnus et 126 prises de sang impossibles, ces situations relèvent de raisons techniques indépendantes des facteurs qui ont contribué à l'accident et elles ne créent pas de biais de sélection,

nous pouvons également retrancher 8 erreurs de codage manifeste (code 1 désignant un passager incompatible avec un code "catégorie d'usager" 1 désignant un conducteur),

 

il est intéressant de noter la présence d'un seul usager ayant soufflé dans un éthylomètre (avec un taux d'alcoolémie de 1,68 g/l). Cette rareté est liée au contexte du dépistage. Il correspond à un test possible et positif effectué par une unité de police ou de gendarmerie disposant d'un éthylomètre déplaçable permettant de quantifier avec précision l'imprégnation alcoolique. Je l'ajoute aux résultats des prises de sang (code 3),

les résultats utilisables associent alors 680 prises de sang et 173 éthylotests négatifs incluant des "faux négatifs" pour le critère "alcoolémie entre 0,20 et 0,49 g/l".

 

les résultats de la colonne du BAAC indiquant le niveau d'alcoolémie sont les suivants :

215 alcoolémies nulles

12 entre 0,01 et 0,19

17 entre 0,20 et 0,49

436 à 0,50 et plus.

 

Nous pouvons alors faire l'hypothèse d'une répartition des 173 éthylotests négatifs identique à celle des prises de sang aux résultats inférieurs à 0,50 g/l (en excluant la possibilité d'un éthylotest faussement négatif au seuil de 0,50 g/l), 17 sur 244 représente 6,96% de ces valeurs basses ou nulles d'alcoolémie. 6,96% de 173 est alors l'évaluation approchée des faux négatifs au seuil de 0,20 g/l, soit 12 cas à ajouter aux 17 alcoolémies entre 0,20 et 0,49 g/l.

 

L'avant dernière étape consiste à évaluer la proportion de permis récents dans ce groupe de 29 usagers faiblement alcoolisés. Le BAAC renseigne à la fois sur l'âge de l'usager concerné et l'ancienneté de son permis. 2 usagers n'avaient pas de permis, 1 n'en avait pas besoin (cyclomotoriste) et parmi les 14 titulaires d'un permis, trois l'avaient obtenu au cours des trois ans précédant l'accident. Cette valeur de 3 sur 1067 accidentés tués me semble la meilleure approche possible de la mesure envisagée, pour le groupe correspondant aux critères définis ci-dessus (conducteurs tués). La méthode utilisée à l'avantage de minimiser le risque d'erreur dans l'évaluation des faux négatifs produits par les tests actuels (au sens de faux négatifs si le seuil était à 0,20 g/l). Nous savons que les usagers conducteurs impliqués dans des accidents où ils sont seuls en cause et dans lesquels ils sont décédés ont des particularités. Leur comportement exprime souvent une dégradation profonde de leur aptitude à la conduite, notamment du fait de leur alcoolisation. Cette particularité est évidente dans la série étudiée en utilisant ce critère. 435 conducteurs sur 857 dont l'alcoolémie était connue étaient sous l'influence de l'alcool, ce qui est nettement supérieur à la proportion d'environ 1/3 des accidents mortels attribuables à l'alcool habituellement retenues pour la France. Une telle caractéristique ne réduit pas la pertinence de la méthode qui est destinée à réduire l'erreur sur l'évaluation de la proportion d'éthylotests réalisés avec les dispositifs actuels et déclarés négatifs du fait de leur seuil de dépistage à 0,50 g/. Mon objectif était d'évaluer la part de ces faibles alcoolémies dans ces accidents qui se présentent souvent sous la forme d'une sortie de voie après un défaut de guidage ou une perte de contrôle (les deux mécanismes pouvant s'associer. Ils ne sont pas tous liés à la consommation d'alcool, un défaut de vigilance, l'endormissement, une activité telle que l'usage d'un téléphone peuvent être en cause.

 

L'étape finale est l'application d'une valeur de fraction attribuable à l'alcool de ces trois accidents concernant des titulaires d'un permis de moins de 3 ans. Nous pouvons utiliser l'évaluation faite par les auteurs de l'étude SAM. Un risque relatif approché (odds ratio) de 1,5 peut être retenu, ce qui signifie que 1 de ces accidents sur trois serait attribuable à l'effet de l'alcool. Etendu aux 29 cas après correction des faux négatifs, l'évaluation finale est de 2 accidents sur 857. Appliqué aux 3386 accidents mortels de 2012, cette proportion me fait conclure à un nombre d'accidents mortels proche de 8 par an, attribuables à une alcoolémie se situant entre 0,20 et 0,49 g/l.

 

Si le ministère ou l'Observatoire national interministériel de sécurité routière ont une évaluation différente, ils peuvent publier leur méthode de calcul et ses résultats.

 

 

http://securite-routiere.org/editoriaux/2015janvier.html

 

 

 

Mesurette n 6: "Abaissement du taux légal d’alcoolémie de 0,5 g/l à 0,2 g/l pour les conducteurs novices (3 ans après le permis, ramenés à 2 ans après le permis s’il a été précédé d’un apprentissage par conduite accompagnée). Les accidents de la route sont la première cause de mortalité des 18-25 ans."
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